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Editions Economica..

coupdegueule Petit coup de gueule contre 2 des dernières publications des éditions Economica… Je suis en train de lire Stalingrad de Jean Lopez et devrait enchainer sur Koursk du même auteur.  Le travail de synthèse a l’air bon.  Je me régale à la lecture de ces deux livres. Cependant pas de grosses découvertes ou de grosses déconvenues de ma part sur l’histoire de ces deux batailles. Mais  j’avoue, à mi-chemin de ma lecture, être un peu déçu sur 2 points précis…

Tout d’abord je suis déçu par les cartes. Elles sont toutes en noir et blanc.  Et graphiquement le résultat est assez pauvre. Pour un livre de ce prix on peut s’attendre à autre chose. Je prendrais par exemple le livre de Frieser; le Mythe de la guerre éclair qui comprend 48 cartes en couleur avec un graphisme moderne alors que les deux ouvrages en possèdent presque autant ( 20 pour Koursk et 38 pour Stalingrad) pour un prix supérieur !

Mais ce qui me déçoit le plus, c’est que ces deux livres sont des synthèses des dernières études et recherches d’auteur anglo saxons. Et c’est sur ce point particulier: évolutions de la perception de ses batailles par les historiens, apport des études des dernières décénniers, perception et utilisation par les politiques et le grand public.. . il n’y a pas grand choses à se mettre sous la dent.. Une petite bilbiographie commentée pour Koursk, et pour Stalingrad un chapitre de 8 pages sur la perception de l’importence de la bataille. j’oublie quelques passages éparpillés dans les autres chapitres mais cela fait quand même très peu.

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  1. quentin
    26/03/2009 à 11:31 | #1

    Salut,

    C’est exactement ce que je pense de ces ouvrages. L’auteur nous « ressert » à sa sauce les bouquins de sa bibliothèque (certains anciens et datés), sans aucune recherche nouvelle.
    De plus, les dernières publications les plus récentes ne sont pas prises en compte.
    Quentin du kiosque94

  2. Micehal
    26/03/2009 à 22:00 | #2

    il suffit de regarder les dates des livres dans les bibliographies des deux ouvrages pour se rendre compte que l’ancien dépassé côtoie le récent à la page… dans des proportions parfois étonnantes !!!

  3. 27/03/2009 à 09:52 | #3

    Ouais, le « plus récent à la page » est déjà ancien…
    Les ouvrages les plus récents et novateurs sur ces gigantesques batailles sont publiés en Russie (et en Russe).
    voir là pour Stalingrad :
    http://ostfront.forumpro.fr/livres-et-documentation-f15/stalingrad-de-jean-lopez-t858.htm

    et là pour Koursk :
    http://ostfront.forumpro.fr/livres-et-documentation-f15/koursk-1943-jean-lopez-t771.htm

  4. 09/05/2009 à 14:02 | #4

    Hm.
    Intéressant tout ça. J’ai lu les débats passionnés sur le forum cité ci-dessus à propos des deux ouvrages de Jean Lopez…

    Je suis d’autant plus intéressé que je prépare moi-même un article de synthèse sur une bataille du front de l’est pour Champs de bataille.

    C’est surtout l’aspect bibliographique qui retient mon attention. J’ai lu le Koursk de Lopez il y a un moment mais je peux le ressortir, je l’ai encore dans ma bibliothèque. Il me semble que l’avantage de ce bouquin est de proposer une synthèse des historiens anglo-saxons qui ont travaillé sur le sujet dans les années 90 -après, c’est sûr que l’on peut préférer aller directement à la source, ce que je suis en train de faire moi-même. Sur les interprétations, il est sûr que l’on peut être d’accord ou pas.

    Je suis déjà plus sceptique à propos des magazines comme Batailles et Blindés que j’ai longtemps achetés moi-même. Certes la présentation est sans comparaison avec Lopez (nombreuses photos légendées, cartes très bien faites), il y a un texte souvent intéressant, mais les revues en question ne citent que rarement leurs sources -en tout cas à l’époque où j’achetais, et à ce que j’ai vu en les feuilletant dans des points presse, ça n’a pas changé depuis. Par ailleurs, nombre de revues de ce genre traitant de la Seconde guerre mondiale ont souvent des relents de parti pris pro-allemands typiques de la guerre froide (nécessité d’encenser la Wehrmacht pour récupérer la RFA contre l’URSS). Prudence donc.

    Mais la chose peut valoir pour des revues mettant en avant le côté soviétique : Batailles Aériennes propose actuellement le second volet d’une étude russe sur l’aspect aérien de la bataille Koursk. Cette revue liste souvent ses sources à la fin. J’avais acheté le premier numéro qui changeait un peu du traditionnel point de vue germanophile, m’attendant à trouver la bibliographie dans le second volume. Lourde erreur, puisque celle-ci ne s’y trouve pas, ce qui est donc aussi néfaste que pour Batailles et Blindés et autres.

    Alors que choisir, entre Lopez qui veut mettre en français les avancées historiographiques depuis 20 ans, de manière peut-être incomplète et en formulant ses propres conclusions, et les revues en question, alléchantes mais qui ne parlent jamais de leurs sources ? Je préfère la première solution, étant entendu qu’il faut aller lire les ouvrages en anglais et en russe évidemment si l’on maîtrise (ce qui n’est pas encore mon cas, malheureusement).

    Cordialement.
    Stéphane Mantoux.

  5. 10/05/2009 à 11:38 | #5

    Merci pour votre réponse.
    Il faudra que je jette un oeil au dernier numéro de Ligne de front dont vous parlez. Pour moi, le simple fait de mentionner des sources (même non exhaustives, bien sûr) est un bon point.

    Je suis d’accord avec vous sur le rapport livres/revues, et je comprends que l’on recherche plus une orientation bibliographique qu’une bibliographie digne d’un livre scientifique (c’est ce que j’essaye moi-même de faire dans mes articles pour Champs de bataille…).

    Je relirai aussi le Koursk de Lopez pour me faire mon avis ; mais vous avez sans doute raison, il y a peut-être un manque d’analyse de la part de l’auteur sur l’évolution historiographique de la bataille. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de l’historien lorsqu’on écrit un livre ou un article. Je suis moins armé que vous à ce sujet car je n’ai pas encore lu les ouvrages anglo-saxons de Glantz et consorts, lacune que je m’efforce de réparer…

    Quentin, du Kiosque94, avait d’ailleurs bien cerné l’un des principaux défauts de mon dernier article dans Champs de bataille n°25 : je lui ai écrit un long commentaire à ce sujet. A propose, le blog est-il toujours en activité ? Il n’a pas été mis à jour depuis fin mars…

    Merci d’avance !
    Cordialement,
    Stéphane Mantoux.

  6. 10/05/2009 à 09:05 | #6

    Des points très intéressants de soulever…

    A une époque les personnes qui écrivaient dans les revues étaient des historiens (dans le sens Professeur de faculté) qui avaient pignon sur rue. La publication d’un article d’un de ses personnages étaient de la vulgarisation d’un travail en cours ou déjà publié. Ou alors un éclaircissement sur un point particulier. Etc. La bibliographie n’était pas utile dans le sens où l’on savait vers qui (ou quoi) se retourner.

    C’est encore le cas avec le revue l’histoire ou les auteurs d’articles sont brièvement présenté ainsi que leurs travaux… Sans compter les notes de bas de pages.

    Les choses ont un peu changées aujourd’hui car beaucoup de passionnés écrivent dans des revues. Ils n’ont pas toujours le « professionnalisme » (indiquer ses sources par exemple) d’un professionnel sans que cela remette en cause la qualité de leur travail.

    D’un autre côté, je pense que l’on n’attend pas la même chose d’une revue et d’un livre. C’est plus des orientations bibliographiques qu’une vrai bibliographie que j’attends d’une revue. Ce que fait très bien ligne de front dans son dernier opus par exemple. il y a aussi des problèmes de place (une revue de 60 pages ne peut pas lutter contre un livre de plusieurs centaines de pages)

    Lopez a voulu faire la synthèse des derniers travaux sur le sujet. je dis pourquoi pas. Mais il est difficile de comparer la bibliographie de ses deux ouvrages avec par exemple les 47 pages de notes bibliographiques commentées (pour un peu moins de 500 pages) d’un livre comme Soldats et fantômes (Tallandier – Lendon). On ne trouve pas le même rapport chez Lopez.

    Ce que je reprocherai aux deux livres de Lopez (toutefois assez excellent) c’est de ne pas aller assez loin dans l’analyse des évolutions de la perception de ces deux batailles. L’historiographie de la seconde guerre mondiale (et notamment de ces deux moments importants que furent Koursk et Stalingrad) est limité au minimum. C’est bien dommage.

    Cordialement.

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