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Un exemple parmi tant d’autres…

presse Le 20° numéro de la revue Ligne de Front est paru. Il est un exemple parmi tant d’autres de ce dont je parlais dans l’article Feldgrau dans la presse. Attention, la revue est excellente. Mais cela ne l’empêche pas de tomber dans certains travers.  Même si ce n’est pas le titre le plus touché par ces travers dans l’ensemble des titres de l’éditeur.

Ligne de front a pour thématique l’histoire des conflits du XX° siècle. Nous avons donc 76 pages (j’enlève couverture, publicité et la section « magazine »). Sur ces 76 pages nous avons 50 pages sur la seconde guerre mondiale !!!

Le découpage se fait de la sorte:

- un « remplissage » de 2 pages sur « l’entrainement » de la 12° SS Panzer Division. En fait une série de 6 photos sur la mise en place d’un canon antichar.

- Nous avons ensuite 18 pages sur les combats menés par le bataillon français dans le secteur de Chipyong-Ni en 1951 durant la guerre de Corée. C’est une sorte de « suite » de l’article du numéro 18.

- Ensuite nous avons 16 pages sur la bataille de la tête de pont de Nikopol.

- L’article suivant concerne les gardes prétoriennes nazies.  C’est l’article qui fait la couverture de la revue. Il fait 20 pages !

- Ensuite on a un article sur les combats menés par la division Italienne Folgore en septembre 42. il fait 12 pages. Ce n’est pas de « l’allemand ».

- Le dernier article de 8 pages est plus original. il concerne tchécoslovaques dans l’armée française,soit l’équivalent de 4 régiments, durant la première guerre mondiale. C’est original.

Pour résumer nous avons dans une revue sur les conflits du 20° siècle une couverture feldgrau (c’est la 10° sur les 20 numéro que compte la revue !) ainsi que sur 70 pages d’articles 38 pages sur l’armée allemande durant la deuxième guerre mondiale. Soit plus d’un tiers de la revue. Si on rajoute l’article sur l’armée italienne on atteint les deux tiers !

Ces 50 pages sont très « orientées ». Notamment les articles sur les batailles. Le camp adverse est peu traité voir pas du tout traité. Prenons l’exemple de l’article sur la tête de pont de Nikopol. Le titre est neutre mais dans le texte il n’en est rien. En fait l’article se concentre uniquement sur les opérations du côté allemand. Le point de vue de vue soviétique des opérations est réglé en un paragraphe (page 32) ! L’iconographie ne concerne que les troupes allemandes.

En fait ce numéro de ligne de front est pour moi l’exemple typique de la sur représentation d’articles sur l’armée allemande et le régime nazi durant la deuxième guerre mondiale.Certes on ne peut pas généraliser à partir d’un seul numéro. Les éditions Caraktère on publié des numéros avec des sommaires plus variés. Ils arrivent apparemment à sortir plus facilement des sentiers battus dans leurs hors-série (le prochain est sur l’armée d’Afrique par exemple).

Il y a aussi des difficultés rédactionnelles qui peuvent expliquer dans certains cas cette sur représentation: sources plus abondantes du côté allemand que du côté soviétique par exemple, côté aléatoire des articles proposés à la rédaction, etc…

Mais  il en reste néanmoins une impression que ce type d’article reste majoritaire dans les revues d’une manière générale. C’est le cas pour les autres titres chez Caraktère. C’est le cas chez d’autres éditeurs. Personnellement je ne trouve pas que les opérations (d’un point de vue « technique »)  menées par l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale justifient cet état de fait. Et je ne parlerai même pas du comportement criminel de l’armée allemande durant le conflit et de son implication en tant que principal soutien du régime nazi ! Je trouve que d’une manière globale les revues d’histoire surfent sur le mythe d’une armée allemande supérieure à ses adversaires et à ses alliées afin de vendre. En tant que lecteurs nous sommes donc aussi responsables !!!

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  1. Domi
    05/11/2009 à 22:07 | #1

    La faute me semble quand même du coté de l’auteur de l’article qui n’a (sans doute ) pas fait l’effort de « fouiller » les « archives » russes afin de confronter les 2 versions d’un fait historique et d’en sortir une vision la plus « neutre » possible.
    J’ai essayé de lire des livres de généraux russes sur la 2eme guerre mondiale dans les années fin 70 début 80, c’était arride à lire et celà ne semblait pas toujours crédibles .
    Il y a eu surement mieux depuis mais les géénraux maréchaux russes ne sont plus de ce monde me semble t’il.
    Bref, il y a surement des données à prendre dans les archives russes et les exploités au mieux.

    • Antoine
      06/11/2009 à 00:24 | #2

      je précise que quand je parlais d’absence de neutralité, je voulais dire que les opérations étaient traitées uniquement sous l’angle allemand. il n’y avait pas un jugement de valeur sur les propos de l’auteur. Dans le cas présent outre les préférences de l’auteur pour l’histoire militaire allemande je pense qu’il y a aussi des problèmes de sources du côté soviétiques pour pouvoir faire un article plus conséquent… Mais l’un n’empêche pas l’autre….

  2. Louisiane
    15/11/2009 à 17:28 | #3

    J’aurais tendance à penser comme l’auteur qu’il y a sur-repésentation des armées allemandes, voire sur-évaluation des leurs qualités.
    Beaucoup, parmi les joueurs, les maquettistes ou les figurinistes qui « font » de l’Allemand, semblent penser que la défaite de du IIIème Riech est plus due aux hordes soviétiques et à la puissance de feu américaine qu’à des qualités stratégiques qu’auraient pu avoir ces deux armées alliées ou à des erreurs du haut commandement allemand.
    Bref : une sorte de fascination un peu morbide pour une armée et une nation responsable de plusieurs millions de morts.
    Le dernier numéro de Batailles que j’ai lu (ça remonte) fait la part belle aux Allemands (U boot, dernièrses batailles sur le front de l’Est, etc.) avec à chaque fois l’impression que les adversaires ont eu de la chance lorsqu’ils ont gagné, mais oublie de préciser que tout ça, ce sont des vies humaines sacrifiées, quelque soit le camp. Je pense qu’il y a réellement une fascination pour l’Allemagne nazie sans pour autant être soi-même un nazi. Mais un peu de recul sur tout ça ferait quand même du bien. De nombreux jeux PC sur la 2ème guerre mondiale accordent aux Allemands une puissance qui frise souvent l’invincibilité. Et pourtant, ils ont bien perdu la guerre !
    En tout cas, merci pour ce site très intéressant et les articles divers qui permettent de se faire une bonne idée des jeux que l’auteur a pratiqués.

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