Elusive Victory
Elusive Victory fait partie du type de wargame que j’aime et auquel je n’ai malheureusement pas trop le temps ni les moyens de jouer !
Basé sur le jeu Downtown de Lee Brimmicombe-Wood dont les conflits aériens semblent être la spécialité , Elusive victory retrace les opérations aérienne entre Egypte et Israel durant la guerre des 6 jours, la guerre de Yom Kippur et la » paix armée / petite guerre » entre ces deux conflits…
Ce n’est pas du beer and bretzel ou du mini jeu à la Vae victis (non pas que ce type de jeu me déplait !), ce n’est pas non plus du monster game injouable (là aussi cela ne me déplait pas). Non c’est une « boisson d’homme » qui nécessite qu’elle soit dégustée plus qu’ ingurgitée à la va-vite!
Le matériel fournit est conséquent:
- 2 cartes représentant le delta du Nil, le canal de Suez et une grosse partie du Sinai.
- 2 planches de pions divers et variés (unités, marqueurs, etc…)
- 4 aides de jeux remplies de tableaux divers et variés.
- 2 livrets dont un de règles (55 pages) et un autre avec historique, exemple de jeu et 22 scénarios de tailles variées (43 pages).
Vous l’aurez compris, le jeu n’est pas simple. La norme aujourd’hui étant dans les 20 pages de règles, on en a largement le double. De plus le thème, les combats aériens est un thème peu abordés en jeu de simulation du fait de ses spécificités (combat en 3 dimensions, pas de ZOC, importance du repérage, importance du facteur technologique, simultanéité des actions, le tour par tour se prête moins à la simulation aérienne, etc…) et de l’histoire récente de l’arme aérienne (l’armée de l’air française a commémoré ses 100 ans cette année si j’ai bonne mémoire !) qui fait qu’il y a beaucoup moins matières que pour les opérations terrestres ou navals.
Le système de jeu est largement basé sur celui de Downtown. A vrai dire les différences en terme de règles sont minimes. La grosse différence se situe au niveau du théâtre d’opérations avec tout ce que cela implique. Il est à noter que les deux jeux couvrent à peu près les mêmes périodes: de 1965 à 1972 pour Downtown, de 1967 à 1973 pour Elusive Victory.
Tout d’abord la situation est différente. L’Egypte n’est pas le Vietnam, Israel n’est pas les USA. La situation militaire n’est pas aussi déséquilibrée que dans Downtown. Si les vietnamiens ont peu d’avions et basent tout sur la défense anti aérienne, c’est différent avec l’Egypte. Ainsi pour la guerre de 6 jours l’armée de l’air Egyptienne possède plus d’avions que l’armée de l’air israélienne. Même pour la guerre du Kippour l’avantage numérique va à l’Egypte.
Qualitativement c’est une autre histoire. Les ordres de batailles sont moins gros que pour Downtown. Surtout du côté de l’IAF avec 14 types d’avions alors que dans Downtown les USA peuvent compter sur 35 types d’appareils différents. Côté Egyptien c’est plus varié que le Vietnamien avec 14 types d’appareils différents. on retrouve les célèbres Mig 17, Mig 19 et Mig 21 mais apparaissent aussi des Sukhoi, lloutchine, Mirage et Hunter !
C’est une autre caractéristique de ce conflit, du côté d’Israel on passe d’une armée équipée d’avions français (Mirage, Ouragan, Vautour, Mystère..) à un armement US ( A4, F4…)
Bref on a une situation où les deux camps peuvent être à tour de rôle à l’offensive, parfois les deux en même temps. Certes l’Egypte n’a pas la force de frappe Israélienne (avions moins bon, pilotes moins bon…) mais elle a une capacité de frappe importante sans compter que sa défense anti-aérienne (artillerie AA, ZSU, SA 2, SA 3 et Sa 6) est mieux développée que celle du Vietnam. Et que Israel n’a pas toutes les ressources US pour lutter contre. Donc une situation, sur le papier, plus équilibrée et beaucoup plus intéressante ludiquement!!!

Les scénarios sont de toutes natures et de toutes tailles. Cela va de l’attaque des aérodromes Egyptiens, à l’attaque contre les sites de SAM, en passant aux opérations d’appui des troupes aux sols durant la guerre de Kippur (et des deux côtés en même temps !!!)
La séquence de jeu reste à l’identique du premier opus de la série. D’abord une phase de préparation où les deux joueurs planifient leurs raids (contrairement à Downtown où seul le joueur US était concerné), l’Egypte met aussi en place sa défense anti-aérienne (Israel aussi ! avec ses hawks sur les scénarios après 67 quand il contrôle le Sinai !). Suivant les missions affectées à ses avions, ceux ci doivent suivre des routes programmées ou non. Les missions sont diverses: Bombardement, escorte, supériorité aérienne, etc…
Ensuite on passe aux opérations proprement dites avec un tour de jeu représentant 1 minute avec un hexagone pour 2,5 kilomètres. Le tour de jeu est à séquence alternée aléatoire. Chaque joueur à tour de rôle tire des pions qui lui indiquent le nombre de formation qu’il peut activer !
Le repérage radar est important. Pas de combat possible sans que les radars et les pilotes adverses n’aient repérés les vols adverses. Le combat au canon reste important ( qualité de manoeuvre des appareils et qualité des pilotes rentrent en ligne de compte). Et seul Israel possède la capacité de faire tirer les missiles de ses avions sans voir son adversaire (et encore ce n’est pas totalement au point…). la troisième dimension est géré avec 4 hauteurs différentes.
je ne vais pas rentrer dans les détails car je mettrai en ligne un compte rendu de partie sur ce scénario en solitaire. Ce sera beaucoup plus parlant !!!




Well ! ça donne envie, merci, Antoine !
J’attends ton AAR avec impatience !
;-)
bonne année
jluc
Je confirme, cette présentation me donne quelques palpitations, d’autant que mes longues années de simu aérienne sont désormais derrière moi.
Merci beaucoup pour ce billet.
/part jeter un oeil sur BGG